, S. Dupic (Wojo) : « Une aventure extraordinaire

S. Dupic (Wojo) : « Une aventure extraordinaire

Sébastien Dupic, directeur général adjoint de Wojo.
Sébastien Dupic, directeur général adjoint de Wojo.

Wojo a fêté ses dix ans en 2025. Quel bilan tirez-vous de toutes ces années ?

Sébastien Dupic – Celui d’une aventure extraordinaire. Nous avons démarré sous la marque NextDoor, créée par Bouygues Immobilier en 2015. Puis l’arrivée d’Accor au capital en 2018 nous a fait prendre le virage autour de ce que nous avons appelé la « workspitality ». A travers ce mariage entre un acteur de l’immobilier et un acteur de l’hospitalité, via une joint-venture, nous avons développé non seulement notre réseau, mais aussi tous les services qui accompagnent l’expérience au travail. Faire partie de la galaxie Accor nous a aussi permis de créer des expériences de coworking éphémères dans des lieux spectaculaires. Au Parc des Princes, tout d’abord, une réussite magnifique, puis « Un bureau sur terre battue » à Roland-Garros et « Le bureau des médailles » au Club France pendant les Jeux Olympiques. Et, pour fêter notre dixième anniversaire, nous avons créé un lieu éphémère à l’Accor Arena, avec des événements combinant une journée de travail et un concert pour nos membres VIP lors de plusieurs dates exceptionnelles tout au long de l’année comme Lady Gaga, Katy Perry, Lamomali.

Pouvez-vous nous présenter l’écosystème de Wojo aujourd’hui ?

S. D. – A travers notre partenariat avec les hôtels Accor, nous opérons actuellement 170 espaces à travers la France, avec un maillage territorial conçu pour permettre aux collaborateurs de travailler à proximité de leur domicile ou lors de leurs déplacements. S’ajoutent à cela 17 sites de bureaux et espaces de travail flexibles que nous exploitons en propre à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille et Barcelone. Et cela au travers de deux marques : Wojo, mais aussi Mama Works, une déclinaison de l’enseigne hôtelière Mama Shelter que nous avons intégrée en 2022.

Fut un temps, vous annonciez avoir installé des Wojo Spots, c’est-à-dire des espaces où venir travailler quelques heures, dans les lobbys de plus de 350 hôtels. Pourquoi avoir revu votre offre à la baisse ?

S. D. – En effet, nous avions plus d’espaces référencés à l’époque, avec cette offre de coworking gratuite. Nous avons décidé de remettre la stratégie à plat pour nous concentrer uniquement sur des formules payantes, autour d’espaces de coworking à la lumière du jour disposant d’un mobilier adapté, d’un nombre de prises suffisant et autres équipements adéquats. Le tout avec une réservation qui peut se faire en ligne comme sur place, à partir d’un QR Code, les clients bénéficiant d’avantages comme une boisson chaude offerte et 10% de réduction sur la restauration. Pour cela, nous avons retravaillé nos standards afin d’offrir un niveau de qualité garanti.

Pouvez-vous nous décrire votre réseau actuel ?

S. D. – Ces 170 espaces Wojo sont dans des hôtels Accor sélectionnés stratégiquement, en centre-ville ou proches des grands axes de transport, aéroports ou gares, pour répondre aux besoins d’une clientèle d’affaires nomade. Et cela, que ce soit dans des hôtels Ibis, Novotel, Mercure, Pullman, Mövenpick, voire Sofitel. En parallèle, nous avons optimisé notre présence territoriale. Nous avons pour cela audité tout le parc pour intégrer de nouveaux établissements dans de grandes villes où nous étions peu présents, par exemple à Toulouse ou Clermont-Ferrand. Comme la mise en place de ces aménagements spécifiques s’inscrit souvent dans le cadre de rénovations ou d’ouvertures d’hôtels, nous continuerons à nous développer au gré de ces développements.

Espace Wojo au Mercure Hyères Centre.
Espace Wojo au Mercure Hyères Centre.

Le tout s’ajoutant aussi à la distribution des salles de réunions de ces hôtels si je ne me trompe pas.

S. D. – Oui, nous poussons aussi les espaces MICE des hôtels Accor partenaires, qui sont également distribués sous la marque Wojo. D’où l’intérêt d’étendre notre réseau en donnant la possibilité aux voyageurs d’affaires de trouver des solutions aussi bien pour du coworking que pour des salles de réunions.

Faire partie du groupe Accor permet également à Wojo de participer au programme de fidélité ALL. Quels en sont les avantages ?

S. D. – Nous sommes en effet le seul opérateur de coworking à disposer d’un programme de fidélité aussi développé. Tous les membres du programme ALL peuvent cumuler des points en venant travailler dans les espaces de coworking des hôtels pour les dépenser ensuite pour des récompenses proposées par le programme ALL. En passant par la plateforme Worklib (NDLR : elle aussi soutenue par le groupe Accor), en passe de migrer vers OfficeRiders depuis le rachat de cette dernière plate-forme courant 2025, les membres bénéficient également de l’accumulation de points sur leurs cartes ALL.

Si ces espaces sont des solutions adaptées aux voyageurs d’affaires, ils ne constituent sans doute pas la principale activité de Wojo ?

S. D. – Notre cœur de métier se concentre en effet sur les bureaux dédiés, le coworking pur ne représentant qu’une petite part de notre chiffre d’affaires, le deuxième pôle étant constitué par les salles de réunion et l’événementiel. Avec des salles de réunion et des lieux événementiels dont la clientèle se répartit équitablement entre nos membres en interne et la clientèle externe. Pour pousser ces espaces, nous distribuons d’ailleurs notre offre via une dizaine de plateformes de réservation comme Worklib, Kactus, Rejolt… Des sites comme les Wojo Saint-Lazare, Montparnasse ou BNF ont été pensés pour développer une activité événementielle avec des espaces pouvant accueillir de cinquante à cent cinquante personnes, voire plus, que ce soit pour des conférences, des cocktails, des lancements de produits. Nous développons d’ailleurs de plus en plus cette partie privatisation.

Salle de réunion au Wojo Montparnasse.
Salle de réunion au Wojo Montparnasse. ©duchili

S. D. – Dans l’ensemble de notre écosystème, nous accompagnons au quotidien près de 10 000 membres, avec un équilibre réparti pour moitié entre grands comptes et PME. Ce sont par exemple des groupes corporate qui ont besoin d’installer une antenne de 50 postes de travail à Bordeaux, Lille ou Lyon ou recherchent des emplacements stratégiques dans Paris, près des gares comme Montparnasse, Saint-Lazare ou Gare de Lyon. Parmi nos clients, nous avons également des entreprises dont les équipes planchent sur des projets pendant 24 ou 36 mois et choisissent des solutions flexibles comme la nôtre ou encore des start-up en forte croissance après une levée de fonds et qui arrivent chez nous avec 10 postes pour arriver à une centaine l’année d’après. Nous observons également le succès de la formule « Pay as you go », avec des entreprises qui disposent de leurs propres locaux mais ont besoin de louer des bureaux à la demi-journée ou à la journée. C’est principalement du « one shot », mais ce marché est en pleine croissance.

S. D. – La crise du Covid a profondément transformé l’organisation du travail. Nous observons aujourd’hui un retour massif des entreprises au bureau, notamment pour fédérer leurs équipes. Le travail à distance a encore pu tenir quelques années, car tout le monde se connaissait, mais les entreprises font face au turnover de leurs équipes, et donc au besoin de les réunir. La plupart sont passées à un modèle hybride avec généralement trois jours au bureau et deux jours en télétravail, avec les lundis, mardis et jeudis comme journées de forte affluence.

S. D. – Nous travaillons énormément l’aspect communauté, l’interaction entre nos membres, comme le bien-être au travail. Pour attirer les collaborateurs au bureau, nous misons fortement sur l’animation de nos lieux avec des cours de yoga ou de pilates, des afterworks… L’important est d’instaurer une périodicité autour de rendez-vous réguliers. Dans ce cadre, nous constatons que les afterworks ne sont plus systématiquement prévus le jeudi. Certaines entreprises nous demandent d’en organiser le mardi ou le mercredi quand d’autres veulent des dîners le vendredi par exemple. Les habitudes changent. Comme l’aménagement des bureaux d’ailleurs. Le marché évolue depuis cinq ans. Certains de nos clients vont choisir très peu de postes de travail et beaucoup de phone boxes, d’autres du mobilier différenciant avec des tables hautes ou des tables d’hôtes à côté des bureaux classiques. On est là pour les conseiller en matière d’usage et de besoins.

Wojo dispose aujourd’hui de 17 sites de ce type. Avez-vous des projets de développement en cours ?

S. D. – Pour commencer, nous opérons un virage similaire à celui de l’hôtellerie en allant vers des baux variables ou des contrats de management, plutôt que des baux classiques 3-6-9. Actuellement, 30% de notre parc en asset light avec, comme dans l’hôtellerie, une idée de partage des bénéfices, mais aussi des risques avec les propriétaires. En parallèle, nous avons pour ambition de continuer à étendre notre réseau en France et, pourquoi pas, de reprendre notre expansion en Espagne. Nous avons déjà un site à Barcelone, qui fonctionne très bien, et nous avions des ambitions dans ce pays, mais la crise Covid est venue refroidir les ardeurs. Nous rénovons également certains de nos sites comme les Wojo Cœur Défense et Issy-les-Moulineaux en y intégrant une nouvelle approche de l’accueil, autour d’un seul et même pôle englobant le bar, avec l’idée de créer une sorte de place de village. Il y a aussi la volonté de développer Mama Works, qui nous offre une option plus lifestyle alors que Wojo est plus corporate. Enfin, nous travaillons également sur plusieurs projets en Europe pour intégrer nos espaces dans de nouvelles constructions hôtelières. Avec la croissance de la tendance bleisure, inclure la brique business dans des projets mixed-use prend de l’importance.

Ce qui est déjà un de vos axes de développement en Afrique à travers votre partenariat avec Kasada, la plateforme d’investissement créée avec le soutien d’Accor et du fonds souverain du Qatar pour développer de nouveaux hôtels sur le continent. Ce partenariat porte-t-il ses fruits ?

S. D. – C’est une vraie satisfaction. Nous avons établi une master franchise avec Kasada fin 2022, exclusivement sur la marque Wojo. Et nous avons ouvert notre premier site à Nairobi en 2023, puis à Dakar, Abidjan et Kigali. Quatre ouvertures supplémentaires sont prévues pour 2026 dans des hôtels Ibis, Novotel, Mövenpick, Mercure et Mama Shelter, que ce soit au Cap, Kigali et à Lagos. Ce qui est intéressant, c’est que ce projet mixed-use est totalement adopté au continent africain. Que ce soit dans le cadre de nouvelles constructions ou de rénovations, nous déployons toute la palette complète de nos services sur un étage spécifique, de 600 à 1 000 m², intégrant coworking, salles de réunion, espaces événementiels et bureaux.

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