, Afterworks, DJ…A Paris, les hippodromes de Longchamp et Vincennes à la conquête de nouveaux publics

Afterworks, DJ…A Paris, les hippodromes de Longchamp et Vincennes à la conquête de nouveaux publics

, Afterworks, DJ…A Paris, les hippodromes de Longchamp et Vincennes à la conquête de nouveaux publics

La dernière course vient à peine de s’achever à Longchamp, dans le 16e arrondissement de Paris, qu’un DJ prend le relais pour divertir, sur le gazon soigné, les milliers de jeunes participants aux « Jeuxdi », l’un des rendez-vous festifs destinés à attirer de nouveaux publics dans les hippodromes. Loane et Diego n’y connaissent « pas grand-chose » aux courses de chevaux, mais ont voulu tenter l’expérience, accompagnés de cinq amis, tous âgés de 20 ou 21 ans et soigneusement habillés.

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Les paris sont en berne

« C’est original, ça sort du quotidien », témoigne la jeune femme. « On est à l’extérieur, l’ambiance est bonne, avec pas mal de jeunes, tout le monde fait un effort vestimentaire… »
« On discute, on picole, on rencontre du monde », enchaîne Diego, qui dit parier de « petites sommes » pour vivre les courses plus intensément. « On se prend vite au jeu. Si on gagne, tant mieux, sinon tant pis ».

Une aubaine pour le secteur, alors que les paris sont en berne. Depuis le début de l’année les mises sont en baisse de 4%, selon l’organisateur de courses France Galop.
Lancées en 2018 après la rénovation de l’hippodrome de Longchamp à Paris, les soirées afterworks « Jeuxdi » ont, elles, toutes fait le plein l’an dernier, avec plus de 80 000 personnes au total sur huit dates.

Deux ont été ajoutées cette année en septembre pour répondre à la demande du public, une jeunesse privilégiée de l’Ouest parisien, à la fois attirée par une tarification accessible (à partir de 9 euros), les chevaux et les animations.

 « Sportainment » 

« On est en plein dans un mouvement appelé ‘sportainment’, où l’on veut présenter à la fois un sport, mais aussi du divertissement (…) On a besoin de rajeunir la clientèle, de la renouveler », explique Guillaume de Saint-Seine, le patron de France Galop, sans s’étendre sur le montant de ces nouveaux revenus.

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« La mayonnaise a pris », affirme-t-il, et c’est le cas ailleurs également puisque les 233 hippodromes de France ont attiré plus de 2,4 millions de spectateurs en 2024, une progression de 16% sur un an.

A Vincennes, de l’autre côté de Paris, les files s’allongent devant les food trucks en bord de piste pour commander accras de morue ou bokits, des sandwiches traditionnels antillais.
La nuit est tombée et Sabine, pendentif de la Guadeloupe autour du cou, se déhanche avec ses copines, verre à la main, devant le rappeur Young Chang MC, torse nu sur la scène au milieu des tribunes.

« Je joue parfois au PMU avec mon père, mais je n’ai pas l’habitude de venir à l’hippodrome », raconte la quadragénaire. « J’aime ce concept de pouvoir à la fois parier et s’amuser. Normalement, c’est un public plus âgé, plus riche, plus masculin… »

Selon une récente étude de l’Arpej (Association de recherche et de prévention des excès du jeu), le parieur hippique, à 80% masculin, reste plus âgé en moyenne (48 ans) que les autres joueurs de jeux d’argent et de hasard.

 Produit d’appel 

L’ambiance des « Nocturnes tropicales » (25 000 personnes en trois soirées cette année) est moins guindée qu’à Longchamp, mais ce rendez-vous déjà ancien, tourné vers la communauté ultramarine, sert aussi de produit d’appel pour élargir le cercle habituel des turfistes.

« L’idée, c’est qu’ils reviennent après y avoir goûté une fois, soit dans un de nos hippodromes, soit dans un autre, parce qu’ils auront envie de parier sur un cheval », détaille Valérie François, directrice marketing et communication chez LeTROT, société qui gère les courses de trot en France.

Entre spectacles de drones, de danse, dimanches familiaux, soirées à thème Oktoberfest ou après-ski, l’hippodrome de Vincennes a lancé d’autres événements qui contribuent à détacher les courses hippiques de leur image élitiste.

Dans les coursives de Vincennes, où des tickets traînent au sol au pied des guichets PMU, les nouveaux publics ne se mélangent pas encore complètement avec les parieurs historiques.

« Il faut crever cette espèce de coquille (…) On a été trop fermés sur nous-mêmes pendant des décennies », reconnaît Philippe Savinel, administrateur de la Société du trotteur français, organisatrice d’événements hippiques. « Il y a une relance à faire pour remettre les courses dans le coeur des Français. »

AFP

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