« Être un phare, un créateur de lien et de business » : entretien avec le fondateur du PIC à Clermont-Ferrand

Tristan Colombet dirige Turing 22, à Clermont-Ferrand, et sera aux commandes du PIC, qui ouvrira dans cette même ville lors de la deuxième quinzaine de janvier 2026. Il revient ici sur la genèse du projet jusqu’à sa réalisation, et les ambitions qu’il porte à quelques semaines de l’ouverture.

Comment est née l’idée du PIC??

« D’une belle rencontre, il y a cinq ans, avec Pascal Couasnon, alors directeur du projet Parc Cataroux (devenu Michelin Innovation Park : NDLR). Moi, j’étais dans l’optique de développer Turing 22, lui en pleine réflexion sur la composition du futur Parc Cataroux. Ensemble, nous nous sommes accordés sur un projet plus ambitieux, avec une ambition internationale et l’objectif de créer le plus grand lieu de coworking de France. »

Dimensionner le PIC de cette façon, avec 2.400 postes de travail, est-ce bien réaliste??

« Une étude de marché a été menée pour valider les hypothèses financières et le besoin. Nous en avons conclu que plus on concevrait quelque chose de grand, plus on pourrait proposer de services et réduire le coût pour l’utilisateur. La clé, c’est la mutualisation des espaces, qui nous permet d’afficher des tarifs imbattables. Cela commence à 170 € par mois pour un poste de travail en bureau partagé avec accès illimité ou encore 250 € par mois pour un poste en bureau privatif. À Paris, c’est dix fois plus cher. Quant au besoin, il correspond à une évolution du monde de l’entreprise, de plus en plus adaptatif et auquel il faut répondre. Je l’ai appréhendé à Turing 22, où nous ne pouvions satisfaire beaucoup de demandes, faute de place. Nous avons 4.800 m2 et 600 postes de travail, pleins à 90 %. Le PIC, c’est quatre fois plus. Oui, il y a une prise de risque que j’assume car je crois en notre territoire. »

Jusqu’à présent, les acteurs du territoire ont-ils répondu??

« À quelques semaines de l’ouverture, nous avons dépassé la moitié du remplissage. Nous savons que nous serons largement à l’objectif de 65 % d’occupation quand nous ouvrirons. En vitesse de croisière, il faudra que nous atteignons 75 % pour être à l’équilibre et nous devons y parvenir dès la première année. Je suis confiant. Il y a encore des idées reçues, des réticences à partager des espaces, souvent quand on n’a pas eu l’occasion de le vivre. À Turing 22, des entreprises sont venues s’installer initialement le temps de travaux et ne sont jamais reparties. D’autres ont résilié leurs baux commerciaux pour venir. Au PIC, les espaces que nous proposons répondent aussi à une demande d’entreprises classiques. Elles y voient deux avantages principaux : la flexibilité, et donc la possibilité d’augmenter ou réduire ses espaces de travail en fonction des besoins?; et le réseau, le contact au quotidien avec d’autres entreprises ou entités qui seront présentes. »

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