, Immobilier. « Il y a urgence à agir » : après les Airbnb, Paris s’attaque au co-living

Immobilier. « Il y a urgence à agir » : après les Airbnb, Paris s’attaque au co-living

, Immobilier. « Il y a urgence à agir » : après les Airbnb, Paris s’attaque au co-living

« Des chambres minuscules à des prix exorbitants », « une pratique destinée à des cadres de passage », « la dernière invention pour spéculer »… En marge des questions d’actualité, les élus de la majorité sortante de gauche du Conseil de Paris n’ont pas manqué d’exprimer leurs inquiétudes face à la croissance d’un phénomène : le co-living. Initié en France à la fin des années 2010, ce type de pratique immobilière permet aux opérateurs privés de métamorphoser des immeubles en studios de petite taille. Dans un contexte d’amincissement du marché locatif et d’une demande en forte hausse, la dynamique de ce marché dans la capitale suscite des craintes. C’est la raison pour laquelle le groupe communiste et citoyen (GCC) a proposé une délibération intitulée « zéro co-living » ce mercredi 8 octobre 2025. « Nous souhaitons que Paris soit la première ville à tirer la sonnette d’alarme », a clamé le président du groupe, sénateur et candidat aux élections municipales de 2026, Ian Brosssat. Une requête adoptée.

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Petites surfaces et prix dérégulés

Auteur des propos liminaires, le conseiller du 18e arrondissement a fustigé les arguments des promoteurs louant les bienfaits de la flexibilité offerte par le coliving. « (C’est) une logique de marchandisation » qui « précarise les étudiants et les plus (pauvres) », a ainsi tonné Ian Brossat. Pour lui, ce « produit financier » représente plus « une contrainte qu’un choix ». Un commentaire qu’il a adossé à l’énumération de faits.

Depuis quelques années, le co-living tisse sa toile sur le marché immobilier. Le principe repose sur un usage souvent éphémère. L’occupant dispose d’un accès à une chambre de « 10 à 12 mètres carrés » et à plusieurs services partagés, comme la cuisine, la terrasse ou le salon. Outre « la logique hôtelière », le groupe communiste tance le prix de cette offre, comprise « entre 900 et 1200 euros par mois », soit une gamme de tarifs supérieure à l’encadrement des loyers à Paris.

Près de 15 000 lits en Île-de-France

Encore méconnu, le coliving fait l’objet d’une documentation lacunaire. Mais certains experts se sont intéressés à cette pratique. En janvier 2025, l’institut Paris Région a publié un rapport inédit sur le phénomène. D’après l’agence d’urbanisme, l’Île-de-France demeure la région la plus exposée à l’extension des projets. Au total, 18 résidences – composées de 7 500 lits – y sont installées, et 32 autres structures – soit 6 800 lits – devraient voir le jour dans les prochaines années.

Dans la capitale, 7 résidences sont en cours d’exploitation ou en projet. Un engouement qui s’explique par la présence de nombreux étudiants et jeunes actifs. Or, d’après Ian Brossat, le « coliving pousse les loyers à la hausse » en divisant la surface pour créer une demande toujours plus forte.

En séance, le sénateur socialiste et président du groupe Paris en commun, Rémi Féraud, a également dénoncé les « dérives » de cette pratique « qui se développe rapidement ». Pour l’ex-candidat à la primaire socialiste aux élections municipales de 2026, l’analogie avec Airbnb apparaît féconde. « C’est est devenu une machine à cash qui a évincé les Parisiens du marché locatif », a-t-il déploré. « Il y a urgence à agir ».

Un cadre réglementaire défaillant

La mairie de Paris veut ainsi créer un éventail législatif susceptible d’endiguer la progression de co-living, à l’instar de ce qu’elle avait mis en place avec la multinationale américaine, consécutivement à la loi nationale.

« Les maires doivent avoir les pleins pouvoirs »

Émile Meunier Conseiller du 18e arrondissement de Paris, Les Écologistes

Un outil qui nécessite un cadre législatif. Mais ce dernier s’avère défaillant.

Car le co-living est un objet insaisissable dans le droit. Son statut l’oriente vers l’hôtellerie, l’hébergement ou encore la résidence service. La majorité prône ainsi « des évolutions législatives et réglementaires » débattues au Parlement, de sorte à « encadrer juridiquement, voire interdire, le développement des structures », note le groupe communiste.

En attendant l’éventuelle arrivée sur les bancs de l’Assemblée nationale et du Sénat, les élus parisiens entendent muscler l’arsenal organisationnel pour évaluer précisément la dynamique du co-living et coopérer avec les villes confrontées à cette pratique.

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