Quatre tables, quatre chaises et quatre ordinateurs dans un grand espace nu. Les nouveaux bureaux d’Open Eat paraissent « un peu tristounes » pour l’instant, de l’avis de son cofondateur Jacques-Yves Harscouët. « Mais on va revoir la déco. » Rien ne presse, la start-up parisienne a débarqué au Totem de la Baie de Saint-Brieuc, le 1er septembre. Mais que vient faire un fleuron de la fintech, la technologie financière, dans la cité gentille ?
L’exode urbain comme déclic
Pour le comprendre, retour en 2020. Open Eat voit le jour à Paris en plein covid. À l’époque, Jacques-Yves Harscouët, ex-directeur général France du groupe Up, et Catherine Coupet, ex-PDG de Up, se lancent un défi : créer une start-up dans le domaine des titres-restaurant. Ni chèque papier, ni carte de paiement spécifique, l’idée d’Open Eat est de loger les chèques-repas dans la carte bancaire de l’utilisateur. À son passage en caisse, il est remboursé sur ses dépenses alimentaires éligibles.
En 2022, Open Eat s’élance sur le marché. L’essentiel de ses effectifs opère alors depuis un espace de coworking parisien. Mais, parmi ses 25 collaborateurs, beaucoup suivent, petit à petit, le mouvement post-covid. Ils délaissent Paris pour sa périphérie, voire Bordeaux, Marseille, Biarritz… Des départs facilités par le télétravail. « À partir du moment où le boulot est fait et que les collaborateurs sont motivés, ça ne nous a jamais posé aucun problème. Au contraire ! », expose Jacques-Yves Harscouët.
Jacques-Yves Harscouët, cofondateur d’Open Eat avec Catherine Coupet, vient d’établir le siège de la start-up parisienne au Totem de la Baie de Saint-Brieuc. Ici présent avec trois collaborateurs. (Open Eat)
La mer, le train et des locaux neufs
Comme une suite logique, courant 2025, les dirigeants décident donc de déménager le siège de l’entreprise. L’une habitant Salon-de-Provence, l’autre ayant une maison à Pordic (22), c’est finalement la Bretagne qui a leurs faveurs. Un choix motivé par la présence de trois collaborateurs en baie de Saint-Brieuc. Tous travaillent depuis l’ancien Totem de Saint-Brieuc, avec la perspective d’entrer bientôt dans sa version neuve et agrandie.
C’est désormais chose faite, et le cofondateur d’Open Eat est ravi. Entre les « conditions de vie au top » à deux pas de la mer, la proximité de la gare – « On est à 2 heures 15 de Paris », et le « très bel outil » qu’est le Totem, il ne voit « que des avantages » au déménagement. Mais, temporise-t-il, « si on a pu bouger, c’est parce qu’on a un métier de service et de prestation intellectuelle. On rencontre rarement nos clients, par exemple ». Puis, la start-up ne s’appuie par sur le tissu économique briochin mais sur un réseau de clients d’envergure nationale. « On n’est pas dépendants de l’activité locale », note le dirigeant de la jeune pousse, qui revendique aujourd’hui 15 000 utilisateurs pour 400 entreprises clientes.
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