Le coworking à Toulouse séduit de plus en plus de salariés et d’indépendants en quête de lien social et de flexibilité. Porté par le boom du télétravail, ce nouveau mode de travail est-il durable ?
« Ça a totalement changé mon expérience pro à Toulouse ! », se réjouit Marine, 29 ans, chargée de mission éditorialisation pour le Pass culture, dont le siège est à Paris. Elle est la seule de sa boîte à travailler depuis la Ville rose. Comme de nombreux Toulousains dans son cas, elle a succombé au coworking : elle loue un espace dans un lieu de travail partagé, conçu pour regrouper les professionnels indépendants.

« Ça permet plusieurs choses : sortir de chez soi, créer et maintenir du lien social, précise-t-elle. Ça favorise la coupure entre le travail et la vie personnelle, puisque physiquement, tu n’es pas chez toi. Il y a un vrai côté chaleureux, du personnel organise des activités entre midi et deux ou le soir. D’ailleurs, je m’y suis fait de vrais amis. » Elle a opté pour le coworking Etincelle, qui possède trois antennes : rue d’Alsace-Lorraine, rue d’Austerlitz et rue Bouquières.
Une activité autrefois « marginale »
Ces espaces sont de plus en plus nombreux dans la Ville rose. Selon le site Workin. space, qui les recense, il en existerait 36 : Kiota Coworking, STUDIO 100, La Toulousaine, Le Bural… « Quand on a ouvert en 2016, on était très peu à faire ça, ça restait une activité marginale », raconte Benoit, cogérant de l’espace Harrycow. Le secteur s’est donc dynamisé, malgré des coups durs : le Covid a mis un stop à une partie des activités. « On n’accueillait presque plus aucun public, confirme Benoit. Certains continuaient à venir pour des bureaux privatifs, mais ça a créé un gros manque. »
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Pourtant, dans le même temps, la période s’est révélé être un « accélérateur », puisque la crise sanitaire a largement généralisé la pratique du télétravail. En 2024, selon l’Insee, 22 % des salariés du secteur privé pratiquent le télétravail au moins une fois par semaine. En 2019, il n’était que 4 %. « Les entreprises ont lâché à ce niveau-là, ont réorganisé leur fonctionnement. De plus en plus de salariés sont embauchés en région alors que le siège est à Paris, ça fait désormais partie des critères de recrutement, des exigences : avoir la liberté de travailler à distance. »
Réduire ses frais ?
Ainsi, ces employés qui se retrouvent à bosser loin du siège de leur boîte, se tournent vers des espaces de travail partagé, à l’image de Marine. Le taux de remplissage du coworking Harrycow est quasiment à 100 %. D’ailleurs, ils ont agrandi à trois reprises en neuf ans d’existence. « On a commencé avec 350 m2, aujourd’hui, on est à 800 », lance Benoit. Les salariés solos ne sont pas les seuls clients des espaces de coworking : les start-up et petites entreprises, en quête de solutions face à la hausse des loyers, grossissent aussi leurs rangs.
« Louer un espace de coworking, ça reste moins cher et plus attrayant que d’investir dans des locaux. Il faut meubler, payer les charges mensuelles… Là, on leur fournit un espace clé en main », assure Angèle, qui gère l’espace toulousain Ô Local. Malgré tout, se payer un coworking reste un luxe, que tous ne peuvent s’offrir. « Quand on est indépendant, qu’on lance son activité, ça reste un budget », ajoute-t-elle. À titre d’exemple, louer un poste de travail en openspace coûte entre 200 et 300 euros par mois chez Harrycow, et à partir de 239 euros chez Ô Local.
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